
Deux femmes, deux générations, 50 années d’écart mais une passion commune, un amour commun : la passion des livres. Si l’une ne s’en est jamais caché et en a fait son métier, l’autre a vécu 60 ans dans les livres en secret, les cachant derrière sa bible. Parce qu’à l’époque, une femme de la campagne ne devait pas lire, une femme devait rester à la maison s’occuper des enfants, chose qu’elle faisait à merveille. Alors Jade, la plus jeune, propose à sa Mamoune savoyarde de la rejoindre dans son appartement parisien afin de partager ensemble leur quotidien de femme célibataire.
Vont s’ensuivre quelques mois de bonheur où les notions de partage, d’affection et de reconnaissance auront toute leur place. La grand-mère de Jade, plus qu’un livre, est une vieille dame exceptionnelle et extrêmement cultivée, remplie de joie de vivre. La passion pour les mots, les belles phrases qui ont du sens, vont lier ces deux âmes qui se découvrent en même temps que nous les admirons. Pour “Vous [qui] aimez deviner ce qui se joue entre l’écrivain et son lecteur, ce regard infiniment long qu’ils échangent sans jamais que leurs yeux ne se croisent”.
Parce qu’avant leur fusion, leur vie était trop simple, trop teintée de solitude et de banalité, la compagnie de l’autre va apporter plus que de la chaleur, plus que de la joie de vivre : une nouvelle rencontre pour chacune, mais aussi pour nous lecteurs, qui nous laisseront emporter par l’originalité de ces nouveaux personnages.
Quand à la fin… Je vous mets au défi d’avoir pu l’envisager, quand bien même je vous aurai prévenu. Si subtile, si pimentée, si émouvante. Que vous ne pouvez que considérer ce livre comme un beau livre, un de ceux dont on ne peut s’empêcher de noter quelques passages.
Après cette lecture, si comme moi votre avis était mitigé sur la collection Actes Sud avec son format étroit peu pratique et ses auteurs souvent trop simplistes, vous ne la verrez je pense plus de la même façon, et vous sentirez enfin que non, vous n’êtes pas les seuls à dévorer avec autant d’avidité des livres, vous n’êtes pas les seuls à trouver votre bonheur, une grande partie de votre vie, dans vos lectures.
Et puis si vous pensez que l’histoire d’une grand-mère de 80 ans ne doit pas être très palpitante, prouvez-vous le contraire en lisant La grand mère de Jade. Il y a des gens qui ont la chance, le privilège, ou le courage d’être heureux, agréables, vivants, jusqu’à la fin. De plus, il y a tout ce qui fait qu’un roman plait aujourd’hui : de l’amour, du suspens, du quotidien. Avec un petit plus, une subtilité propre au message que veut faire passer sans doute l’écrivain.
“Mamoune”, cette grand-mère d’un autre âge, d’une autre époque, mais surtout, d’un autre genre humain, saura nous apporter cette fraicheur qu’elle semble avoir conservée malgré son âge avancé.
Petit bémol cependant.
Durant les premières pages, j’ai été déçue par le style littéraire de Deghelt, son expression trop simpliste malgré la trame de l’histoire qui semblait belle. Et puis à son rythme, ses phrases sonnent de bien en mieux, s’enchainent à merveille et nous poussent à les relever. On réalise que cette progression croissante dans la recherche d’un ton simple et fort était peut-être voulue, ce qui fait toute la magie de l’histoire et de l’écrivain.

Comme
Comme j’ai aimé ! Tant de cynisme, de talent, de références, de culture, mais surtout d’humour, d’humour et d’humour. Enfin un roman de Boris Vian comme j’espérais en lire : si l’on ne veut pas approfondir la lecture, on n’est pas obligé de parcourir une étude de l’oeuvre pour y comprendre quelques détails. Enfin l’histoire tient la route, les personnages sont certes tordus mais tellement drôles, vrais, louffoques.
Petit roman très peu connu de Boris Vian, aux allures de polar noir, très noir, et qui ne rentre pas dans la catégorie de l’absurde.
Vian repousse plus d’un lecteur assidu sans même que celui-ci l’ai déjà lu, parce qu’au même titre que Jules Vernes ou Wells et à la même époque, il considère plus de choses que celles qui font la banalité du quotidien et la lassitude de la vie, ou plutôt il va beaucoup trop loin de la réalité et du rationalisme pour être considéré avec un grand écrivain. En effet pour beaucoup il est plus aisé d’écrire de jolies choses en ne se limitant pas à la réalité, parce que notre champ d’action et d’interprétation et plus grand, moins risqué. Je ne fais pas partie de ces personnes qui osent un jour, souvent par dépit, saisirent un livre de Vian et, au choix, renier leurs anciennes considérations, ou, au contraire, les défendre et ne plus jamais considérer Vian. Je fais partis de ceux qui ont toujours été bercé par les proses de Vian, par l’impact de ses oeuvres sur la littérature d’aujourd’hui.
Je viens de l’achever il y a à peine une minutes et je suis partagée.
Dans un premier temps, je dois avoué que j’ai supporté les phrases interminables de Véronique Ovaldé, des tirets en veux-tu en voilà qui s’étalent sur des pages et des pages (sans aucune exagération). On essaie de se consoler en se disant que c’est le début du bouquin, qu’il y a beaucoup d’informations à présenter et que ça va s’amoindrir au fil des pages, mais hélas ce n’est pas le cas.
Un professeur sarcastique donne à ses élèves une rédaction dont le sujet est en gros :vous devenez vos parents, et vos parents les enfants. Sa devise : “l’imagination, ce n’est pas le mensonge“. Et pourtant ce récit va nous entrainer dans un univers très éloigné de l’imagination : la réalité.
Olivier Adam? Jeune écrivain, plus connu pour ses succès, dont l’un d’eux adaptés au cinéma : Je vais bien ne t’en fais pas, mais aussi Falaise ou Passer l’hiver (nouvelles).