Vous venez de lire les premières pages ? Alors considérez que vous avez aussi lu les dernières. A nouveau ce livre de Ryû se termine comme il commence ; même univers, même ressentiments, même personnages, même ambiance, même ton. Et le dénouement auquel on pouvait s’attendre s’avère exact. Pourtant, absence de déception.
Et effet je pense qu’un lecteur de R. Murakami est prévenu, préparé et persuadé quand à l’atmosphère qui règnera dans chacun de ses romans. Et une telle monotonie, lassitude, un tel pessimisme dans le style et dans l’esprit de l’écrivain ne peut laisser place qu’à une histoire sans grand suspens.
Descriptions des bas-fonds de la société japonaise, des âmes qui, trop chamboulées par une guerre et des atrocités, ne se régénèrent pas, tout comme les corps qui les enveloppe, et qui, empreints de blessure et de compassion, témoignent de la détresse de la jeunesse japonaise mais aussi de tout un peuple.
Ce livre de Murakami est donc pareil à tous les autres, les siens : peu de personnages, passages horrifiants, sentiment de dégoût de l’auteur qui perce les ligne et remplace les mots. La trame est écrire pour être suivie mais peu importe si vous ne retenez rien de l’intrigue ; on dirait encore une fois que l’écrivain cherche à ce que son lecteur s’attache aux moindres détails et scènes tragiques, effrayantes, plutôt qu’à la profondeur du récit (peu flagrante), et tant pis pour le style et la reconnaissance littéraire.
A nouveau donc, R. Murakami ni une histoire de meurtre, ni une d’amour, ni d’aventures d’étrangers occidentaux débarquant au Japon, ni de prostitution, encore moins de délinquance, comme les résumés de quatrième de couverture pourraient le laisser présager mais bien un méli-mélo de tout cela qui n’est en fait que la représentation peu objective (ou pas) que se fait Ryû du Japon de la fin du XXème siècle dont il avoue faire entièrement partie et dont il n’existe aucune échappatoire.
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