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Bernard Werber – Le mystère des dieux

Le mystère des dieuxJe viens de l’achever il y a à peine une minutes et je suis partagée.
Partagée, parce que jusqu’aux dernières pages (les 10 dernières à peu près) j’ai été très déçue par ce dernier opus.
En effet dès le début, la même histoire est répétée sur des dizaines de pages, un peu comme si elle était vue sous un autre angle à chaque fois. Michael Pinson, personnage principal depuis le premier tome, les Thanataunautes, à tout les privilèges, accordés non seulement par l’écrivain mais aussi au sein même du livre. C’est toujours lui qui a tous les droits, et c’est toujours lui le meilleur, celui qui prend les meilleurs choix, le seul à pouvoir comprendre l’histoire.
Car l’histoire ne s’enchaine pas aussi bien que ce à quoi Werber nous a habitué ; dans les précédents ouvrages, on pouvait observer les moindres recoins de l’imagination de l’auteur. Dans le Mystère des dieux, on a souvent l’impression que le travail est bâclé.
Depuis toujours, et particulièrement après la sortie du Papillon des étoiles, Werber est bien loin d’être le chouchou des critiques littéraires. On reprochait à ce dernier de refaire encore et toujours la même chose, d’aborder les même thèmes, les même personnages. Pourtant le Papillon des étoiles m’avait vraiment plu.
Mais cette fois, je suis les critiques.
D’ailleurs Werber a mis en avant ces critiques ; Michael Pinson s’incarne dans sa vie d’écrivain, et si le nom est différent, on sent une forte ressemblance, ce qui laisse penser un certain pédantisme et égocentrisme de Bernard Werber. Décevant.

Les habitués des romans de Werber (je les ai moi-même tous lus) savent et souvent apprécient le fait que l’écrivain enrichisse son récit d’extrait d’une certaine “encyclopédie” (la aussi le terme est assez pompeux) dont il est lui même l’auteur. En règle général, ces extraits, souvent historiques, mythologiques ou scientifiques, concordent parfaitement avec ce qui est dit dans le récit juste avant ou après. Mais dans le mystère des dieux, c’est souvent loin d’être le cas, et là encore, c’est décevant.

Je ne peux malheureusement pas trop préciser ma critiques, parce qu’elle révèlerait le fil du récit, et ce ne serait pas sympa vis-a-vis du lecteur qui n’a pas encore commencé ou achevé le bouquin.
Mais je dois quand même préciser que j’ai enfin été ravie, et que j’ai eu le sentiment de retrouver l’écrivain que j’apprécie, une fois arrivées vers la 460ème pages du livre (qui en compte environ 475). Soulagements. Agréable surprise, après des passages encore plus décevant : on n’a à peine le temps de trouver l’histoire intéressante qu’elle bascule complètement, sans véritable justification. Et tout se déroule en accéléré. Alors que dans chaque roman on découvrait un  à un la signification de chaque chiffre (0,1,2, 3 etc…), dans celui-ci, on en découvre beaucoup, beaucoup trop pour ne pas ressentir cette impression de travail bâclé.

Bref, je suis sans doute un peu trop sévère avec Werber, mais il est tellement rare que des écrivains imaginatifs utilisent la science pour écrire des romans qu’on a le droit de les admirer et d’être déçus parfois. Ceci dit, Le mystère des dieux (et surtout les précédents opus) reste un livre agréable.


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