Un homonyme du célèbre Haruki Murakami pour lequel je me passionne, et pas des moindres. Ryû s’est vu remis l’équivalent du prix goncourt japonais pour ce roman. Etrange pour un prix goncourt je trouve.
Il ne se passe rien de particulier dans cet univers glauque, au milieu des années 70. Une bande de jeunes drogués, dont on ne connait ni l’âge, ni la vie, et qui n’ont pas l’air de mieux le connaitre, se trainent à des soirées entre deux piqures et partouzes.
Une écriture sans tabou, parfois presque écoeurante, choquante, notamment ce passage de 5 ou 6 pages ou il est décrit en détail comment une jeune fille, complètement droguée à l’héroïne, se fait lachement sodomiser par plusieurs hommes en même temps, et comment elle tente ensuite de soigner ses plaies. Durant ce passage, j’ai failli arrêter la lecture, ne voyant pas l’intérêt, et puis comme d’habitude, je ne pus me décider d’arrêter un livre déjà bien entamé.
J’ai donc continué, et les passages furent bien moins répugnants. C’est le récit d’une décadence déjà déplorable il y a quelques décennies, et qui ne cesse de s’étendre. Une décadence qui touche tous les milieux, toutes les classes, et qui nous fait vraiment nous interroger sur les valeurs du travail et de la vie. En effet, ces jeunes arrivent à se procurer pour des milliers de dollars des drogues dures, sans pour autant penser une seule fois à un emploi ou au futur.
De plus, les badauds qui passent devant leur appartement donnant sur la rue ne s’indignent pas plus que ça, et s’ils préviennent la police, c’est plus du aux nuisances sonores qu’à une certaine pitié, à une envie de faire sortir ces jeunes de l’impasse sombre dans laquelle ils sont engoncés, loin de toute transparence.
J’aime plutôt, pas d’opinion plus précise, comme l’écrivain à propos du sujet de son livre.
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