“(…) ils s’empressent de m’éliminer de la surface de leur terre. Mais il y a bien d’autres corps à brûler. Sur la voie du néant comme sur toutes les autres, il faut faire la queue. Garder la vertu de la patience. Attendre avec un sourire compréhensif.(…)”
Les premières pages de L’Ingratitude sont je trouve admirablement bien écrites. Le style est fluide, poétique, émotionnel, et en plus, ça sonne bien.
Ying où plutôt l’héroïne de l’histoire, une jeune fille chinoise étouffée depuis toujours par sa mère possessive, sadique et déroutante, nous raconte comment elle en est venue à vouloir se suicider, et ce qu’il arrive à elle-même et ses proches maintenant qu’elle est partie. Elle retrace les faits de sa vie qui l’ont marqué, tente de prouver au lecteur qu’elle est une victime, non pas une victime d’un homicide ou de manipulation, mais bien une victime de l’admiration. Cette admiration qu’elle porte à sa génitrice alors que cette dernière fait tout pour l’enfoncer et faire de sa fille une jeune femme bien sous tout rapport mais sans caractère, maîtresse dévouée à son mari et ses enfants. Consciente du comportement exagéré de sa mère, elle ne fait pourtant rien pour arranger les choses. Elle s’engage dans des histoires compliquées, contredit sa mère, méprise son père.
L’héroïne n’a donc rien d’un ange, et pourtant son cas, critique, émeut. Elle donne l’impression d’une fille qui n’a pu vivre ni enfance, ni adolescence, ni âge adulte ; une fille sans vie, écrasée par une mère sans coeur – et plus tard par un camion qui mettra fin à ses jours avant qu’elle ai pu se suicider. Il y a dans les relations mère-fille quelque chose d’unique qu’elles ressentent mais ne comprenne pas.
L’histoire est donc touchante, mais un peu longue tout de même (même si le roman ne fait qu’une centaine de page, il ne se passe pas grand chose). Mais c’est justement ce “pas grand chose qu’il se passe” qui traduit la réalité de la vie de la jeune fille et plus largement celle de milliers de jeunes chinoises, condamnées à épouser un mari qu’elle n’aime pas forcément pour mener une vie correct et être acceptée par la société.
Ryû est souvent décrit dans les critiques et forums littéraires comme le plus sombre et pessimiste des écrivains Japonais. Beaucoup diront que dans Parasites, il règne encore cet ambiance d’univers presque apocalyptique. Je ne trouve pas.
Encore le genre de livres dont beaucoup raffolent : celui où la vie de personnages très différents se mêlent et se démêlent par le fait du hasard, d’un concourt de circonstances. Différentes histoires donc, qui se rejoignent toutes parce qu’elles se passent la même nuit ; une nuit banale à Tokyo, où tous les insomniaques ont la curieuse impression de se sentir les seuls éveillés, les seuls munis d’une certaines conscience à cette heure tardive.
Dans un premier temps, je dois avoué que j’ai supporté les phrases interminables de Véronique Ovaldé, des tirets en veux-tu en voilà qui s’étalent sur des pages et des pages (sans aucune exagération). On essaie de se consoler en se disant que c’est le début du bouquin, qu’il y a beaucoup d’informations à présenter et que ça va s’amoindrir au fil des pages, mais hélas ce n’est pas le cas.
Un professeur sarcastique donne à ses élèves une rédaction dont le sujet est en gros :vous devenez vos parents, et vos parents les enfants. Sa devise : “l’imagination, ce n’est pas le mensonge“. Et pourtant ce récit va nous entrainer dans un univers très éloigné de l’imagination : la réalité.
Roman tout autant émouvant que court.
Un homonyme du célèbre Haruki Murakami pour lequel je me passionne, et pas des moindres. Ryû s’est vu remis l’équivalent du prix goncourt japonais pour ce roman. Etrange pour un prix goncourt je trouve.
La métaphore présentée par le titre est loin d’être la meilleure qu’a fait Murakami en révérence à la vie dans tous ses livres que j’ai dévoré jusqu’à présent. Les quelques passages évoquant cette danse – qui illustre la difficulté de faire toujours quelque chose de sa vie, de savoir quel pas présenter plutôt qu’en autre, d’être en accord avec toutes les musiques, c’est à dire le reste de la société- ne m’ont pas marqué.
En lisant le résumé, on pourrait penser que cette fois, Murakami est presque tombé dans la banalité (du moins du thème). Il reprend un thème cher à un de ses condisciples,