Archive pour janvier 2008

25
jan
08

L’éléphant s’évapore – Haruki Murakami

L'éléphant s'évaporeRecueil de 17 nouvelles, plus étranges, innatendues, originales les unes que les autres.

On passe du nain envoutant, mystérieux, machiavélique qui ne vit que pour la danse, à la disparition où l’enlèvement d’un éléphant, qui s’avèrera être une évaporation, à l’histoire d’un homme dont le métier est d’améliorer le style de ses clients lui envoyant des lettres, à des petits êtres, des TV people, qui envahissent votre maison, votre bureau, en y laissant des télés. On passe du coq à l’âne ? Pas vraiment, dans chaque histoire, même si la chute n’a souvent rien d’innatendu ou même rien d’une chute, on peut trouver des liens entre la nouvelle certes issue de la fiction et notre propre vision des choses et plus largement de l’humanité.

Plus qu’un recueil de nouvelles : un recueil de poésie et d’humour.

Depuis cette lecture, presque quotidiennement j’en revois par éclair des extraits.

25
jan
08

Olivier Adam – A l’ouest

A l'abri de rienOlivier Adam? Jeune écrivain, plus connu pour ses succès, dont l’un d’eux adaptés au cinéma : Je vais bien ne t’en fais pas, mais aussi Falaise ou Passer l’hiver (nouvelles).

A l’ouest a pourtant été à l’abri de la médiatisation. Très court, très simple. Le style n’est en rien pompeux. Rien de plus fluide, de plus naturel, de plus vivant, de plus réaliste que la plume d’Adam.

Une famille détruite dérive encore un peu. Les souvenirs d’un passé heureux, du quotidien monotone, de la mélancolie du monde, de la difficulté d’aimer, de s’intégrer, sont ressentis à travers des personnages poignants et un ton saisissant.

La routine ne nous abrite de rien, bien au contraire, et Olivier arrive très bien à nous le faire comprendre.

25
jan
08

Philippe Claudel – Le Rapport de Brodeck

Le Rapport de BrodeckA nouveau Claudel nous emporte dans un monde où régne sans égal souffrance et barbarie.

C’est dailleurs plutôt Brodeck, son personnage, qui nous y emmène, sans crainte : il ne peut plus avoir peur de rien après ce qu’il a vécu.

Une universalité troublante ; et pour preuve, voici un roman qui traite des horreurs de la Shoah sans pour autant jamais employer le terme de Juif, Allemand, Nazi.

Mais voila que je m’embrouille en voulant clarifier le récit. En effet, je n’ai pas le talent de Claudel qui enchaine élipse sur élipse, qui entremêle à merveille chaque période de sa vie sans pour autant abandonner en route ni lecteur, ni témoin, ni lui-même.

Ce Rapport de Brodeck m’a rappelé Acide Sulfurique d’Amélie Nothomb, roman assez controversé car pour certains critiques, la “mode” en est aux récits sur les camps de concentration. Pourtant aucun des millions de livres qui retracent avec tant de fidélité l’abonimable humanité n’a emmené à moins de guerres, d’injustice et de souffrance.

Il faudra encore beaucoup de Claudel si l’on veut atteindre le nirvana, ou plus modestement, l’égalité.

(prix Goncourt lycéen pour cet ouvrage, nominé pour le Goncourt.)