Un autre neurologue aurait fait de cet essai un ouvrage adressé exclusivement à ses collaborateurs ou aux hommes de métiers, par un vocabulaire complexe et une langue fastidieuse. Sacks a fait de cet ouvrage autre chose.
Il s’agit de résumés bref mais précis des cas cliniques les plus insolites et graves qu’il a pu rencontrer dans une partie de sa carrière, aux alentours des années 80.
C’est donc l’histoire d’un marin perdu, de Ray aux mille tics, d’un artiste autistique, d’un mélomane encyclopédique, de patients se tordant de rire face aux mimiques mal cachées du discours d’un président, la femme désincarnée… L’histoire de 24 patients, qui sont même plus que des patients.
Oliver explore presque le paranormal ; des maladies inconnues, rarissimes et la plupart du temps sans remède. On en vient à se demander ou sont les limites de la génétique de l’homme, des pathologies neurologiques et cognitives ; elles sont sans doute aussi loin que celles de l’univers !
Sacks est donc plus qu’un médecin ; il ne compte pas s’arrèter au traitement du corps mais s’arréter sur le traitement de l’esprit, qui serait sans doute la solution à de nombreuses pathologies comme l’autisme ou le syndrome Gille de la Tourette.
La préface du Dalaï lama composant l’introduction de ce livre donne le ton de tout l’ouvrage.
Tian Yuan, l’écrivain, est une toute jeune chinoise. A la fin de son adolescence, à 17 ans, elle écrit ce conte philosophique qui témoigne pourtant d’un certain recul pris sur la vie. Elle prouve que la maturité, l’intelligence et les connaissances, la vivacité de l’esprit, n’ont pas d’âge pour s’exprimer, surtout à travers les mots.