Un roman ou un conte, un conte initiatique ou poétique, un genre poétique ou fantastique… classer ce roman dans un quelconque genre, un quelconque style, est aussi difficile que de le résumer.
Je suis en effet incapable de résumer un livre qui mêle tant d’éléments, d’évènements, d’émotions, de réflexions…
Vaine tentative : un jeune garçon de 15 ans, solitaire, passioné de lecture, part de chez lui, à priori sans but bien précis, si ce n’est échapper à la terrible malédiction qu’on lui a prédite (mythe d’Oedipe). En parallèle, et qui se recoupera indubitablement, l’histoire d’un viel homme bon et simple d’esprit, qui parle avec les chats, et qui lui fuit, et celle d’une instutrice qui assistera pendant la guerre à des évènements d’une étrange nature. Tout ceci se déroule le long de la côte ouest du Japon.
Un roman plutôt long, et pourtant lu extrèmement rapidement. C’est rare, ces romans qui nous empêchent de faire tout autre chose. Pendant trois jours je n’ai mangé que du cru, je n’ai pas allumé ni radio, ni télé, ni ordinateur, je n’ai pas pris la voiture pour pouvoir lire pendant mes déplacements, je n’ai pas fait de sport. Ma vie s’est comme mis en trève pour ne plus jamais repartir comme avant.
Je sors changée de ce livre ; changée par la peur de ne plus trouver de lecture aussi passionante, par les reflexions philosophique -notamment sur la conscience de soi- que Murakami (l’écrivain) a pu aborder.
Je revois ce passage où le jeune adolescent, éponyme du célèbre écrivain Kafka, reçoit sur son corps nu l’eau de pluie, hurlant intérieurement de bonheur, je le vois au coin du feu dans un cabanon reclu loin de toute forme de technologie et progrès, tournant les pages d’un bon bouquin aux pages jaunies par le temps, ou dans la bibliothèque décrite magnifiquement où il passe le plus clair de son temps.
J’abordais plus tôt l’idée d’un livre emprunt au fantastique. Mais les poissons qui tombent du ciel ne peuvent confirmer cette hypothèse. Le fantastique est vrillé à la réalité, ou plutôt, l’un et l’autre sont la réalité, le regard fantasmé que l’on pose sur le monde est aussi le monde, et sous ce regard c’est l’âme du monde elle-même, qui s’anime et nous berce d’illusions qui en sont, qui n’en sont pas.
L’angoisse des pages qui défilent et de notre héros qui commet un crime s’accorde parfaitement avec l’angoisse métaphysique qui affleure et qui perce les pages du livre.
Quelle merveilleuse démonstration de l’esthétique Japonais!
A lire et relire, quand j’en trouverai la force.
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