Archive pour novembre 2007

29
nov
07

Haruki Murakami – Kafka sur le rivage

Couvertue de la version de pocheUn roman ou un conte, un conte initiatique ou poétique, un genre poétique ou fantastique… classer ce roman dans un quelconque genre, un quelconque style, est aussi difficile que de le résumer.

Je suis en effet incapable de résumer un livre qui mêle tant d’éléments, d’évènements, d’émotions, de réflexions…

Vaine tentative : un jeune garçon de 15 ans, solitaire, passioné de lecture, part de chez lui, à priori sans but bien précis, si ce n’est échapper à la terrible malédiction qu’on lui a prédite (mythe d’Oedipe). En parallèle, et qui se recoupera indubitablement, l’histoire d’un viel homme bon et simple d’esprit, qui parle avec les chats, et qui lui fuit, et celle d’une instutrice qui assistera pendant la guerre à des évènements d’une étrange nature. Tout ceci se déroule le long de la côte ouest du Japon.

Un roman plutôt long, et pourtant lu extrèmement rapidement. C’est rare, ces romans qui nous empêchent de faire tout autre chose. Pendant trois jours je n’ai mangé que du cru, je n’ai pas allumé ni radio, ni télé, ni ordinateur, je n’ai pas pris la voiture pour pouvoir lire pendant mes déplacements, je n’ai pas fait de sport. Ma vie s’est comme mis en trève pour ne plus jamais repartir comme avant.

Je sors changée de ce livre ; changée par la peur de ne plus trouver de lecture aussi passionante, par les reflexions philosophique -notamment sur la conscience de soi- que Murakami (l’écrivain) a pu aborder.

Je revois ce passage où le jeune adolescent, éponyme du célèbre écrivain Kafka, reçoit sur son corps nu l’eau de pluie, hurlant intérieurement de bonheur, je le vois au coin du feu dans un cabanon reclu loin de toute forme de technologie et progrès, tournant les pages d’un bon bouquin aux pages jaunies par le temps, ou dans la bibliothèque décrite magnifiquement où il passe le plus clair de son temps.

J’abordais plus tôt l’idée d’un livre emprunt au fantastique. Mais les poissons qui tombent du ciel ne peuvent confirmer cette hypothèse. Le fantastique est vrillé à la réalité, ou plutôt, l’un et l’autre sont la réalité, le regard fantasmé que l’on pose sur le monde est aussi le monde, et sous ce regard c’est l’âme du monde elle-même, qui s’anime et nous berce d’illusions qui en sont, qui n’en sont pas.

L’angoisse des pages qui défilent et de notre héros qui commet un crime s’accorde parfaitement avec l’angoisse métaphysique qui affleure et qui perce les pages du livre.

Quelle merveilleuse démonstration de l’esthétique Japonais!

A lire et relire, quand j’en trouverai la force.

27
nov
07

Johann Pachelbel – Pachebel’s Canon in D

Il s’agit d’un canon en ré majeur du XVIIème siècle pour trois violons et une basse. C’est tout ce que je dirais quand à l’aspect “technique” de cette musique de chambre de style baroque.

En effet, l’émotion de la découverte met cette musique à l’abri de l’appellation de poncif ; même évoquée par une casserole, les larmes montent aux yeux.
En l’écoutant, je vois les portes d’un château de Versailles qui s’ouvrent et un merveilleux couple qui danse une valse, invitant leurs invités à les rejoindre, je vois un chevalier qui rend visite aux pauvres, et les grand yeux émerveillés des enfants revêtus de haillons, je vois les plus grands violonistes du monde penchés sur leur instrument, les yeux fermés, humidifiés, et je me vois moi, en train de prendre une grande inspiration, comme pour mieux retenir en moi cet air si doux, si solennel et majesteux à la fois.

Tout est tellement harmonieux que l’on peut sans peur l’écouter trois fois, dix fois, cinquante fois d’affilés. Ni nos oreilles, ni nos sens ne s’en lassent ; ils en redemande, de cette musique devenue célèbre maintenant.

27
nov
07

Georges Pérec – La Vie mode d’emploi

Ecrite sur plus de 10 ans, cette oeuvre de Pérec remporta le Prix Médicis.
Tantôt livre, voire bible de chevet, puis bouquin à trimballer entre bus et métro, à feuilleter sur un banc, dans un parc, à un café, où encore bien au chaud avec sa tasse de chocolat, une couette sur les genoux, cette Vie tend à se découvrir dans n’importe quel lieu, à n’importe quelle heure.

 

Parce qu’il en faudra du temps, avant de venir à bout de ces quelques 600 pages, véritable testament des alléas d’habitants d’un immeuble parisien dans les années 70, qui, au premier abords, à tout de classique.
Peut-être n’est ce dailleurs pas qu’aux premiers abords. Pourtant, Perec sait nous plonger dans cet univers, qu’on croirait presque iréel tellement il semble profond et rempli de bon sens.
Jouant sur les mots, les lieux, les personnages, les pièces et même les étages, l’écrivain, membre de l’Oulipo, nous ferait perdre la tête dans ce labyrinthe de vies qui prend forme autour d’une simple cage d’escalier.

 

On ne s’ennuie pas une seule seconde dans cette lecture, qui serait dailleurs plus une contemplation de la minutie presque chirurgicale de l’auteur.
L’immeuble regorde d’une multitude d’habitants, venus de toute horizon, et de toute catégorie sociale.
Un vrai puzzle, qui nous apparait pourtant clairement, sans confusion, décoré d’un beau style et de quelques références culturelles, agrémenté d’un réel sens de l’humour.

 

C’est un livre que j’ai fait duré, et que je relirai avec plaisir. Il dévoile vraiment d’une part le talent incontestable de Georges Preec, et, d’autre part, nous confirme qu’il existe une infinité de thèmes à aborder lorsqu’il s’agit d’écrire.

27
nov
07

Ile de la Réunion

Quelques photos issues d’un séjour à la Réunion en Automne 2007 : fleurs et oiseaux.

Fleur de banane

Lanterne chinoise


Cardinal de Vacoa

Du chocolat, du vrai

Construction de logement social

Rose de porcelaine

Un caméléon

Filao au coucher, plus classique

Queue de cochon